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Des pâturages de l'Ariège aux cellules de crise : comment je suis devenu le type qui préfère décoder vos peurs plutôt que compter fleurette

3 oct.
4 min de lecture

Il y a des destins qui se dessinent dans des bureaux feutrés, et d’autres qui se forgent dans la boue, le bruit des portes blindées qui claquent et le regard un brin désabusé d’un gamin de l’Ariège. Laissez-moi vous emmener en voyage. Pas dans une de ces agences de voyages où l’on sirote des cocktails sur une plage de sable fin en se demandant si l’on va mettre de la crème solaire indice 30 ou 50. Non, un voyage en immersion totale dans la psyché humaine, la vraie, celle qui sue, qui tremble, et qui parfois bascule du mauvais côté de la ligne.

 

Enfiler des t-shirts moulants — noir pour moi, histoire de respecter mes propres codes esthétiques — et passer des décennies à observer le langage non-verbal des pires voyous ou des forcenés les plus déterminés ne s'improvise pas. Mentaliste de formation, ancien opérateur des unités d'intervention et de ces fameuses équipes régionales d'intervention et de sécurité (ÉRIS), j'ai passé ma vie à décoder ce que vos corps hurlent pendant que vos bouches essaient de mentir. Et croyez-moi, entre un détenu récalcitrant dans un couloir de prison et un cadre dynamique qui essaie de me vendre une assurance vie avec la même micro-expression de stress, la distance n'est pas si grande.

 

Aujourd'hui, j'ai décidé de poser tout cela sur papier. Mon livre, ERIS la genèse de l’ordre – Itinéraire d’un gamin de l’Ariège aux unités d’élite, vient de paraître. Et puisqu'il faut bien célébrer la naissance d'un bébé de plusieurs centaines de pages avec un brin d'humour et beaucoup de lucidité, enfilez votre gilet pare-balles mental, nous allons faire un tour dans le rétro.


Chapitre 1 : Le petit Ariégeois, le plâtre et la vocation

Remontons le temps. Avant de devenir ce grand chauve tatoué qui vous explique sur les tatamis de l'Académie 2B ou d'Aïto Self Défense Lyon comment ne pas finir en carpette sur le bitume, j'étais un gamin de Pamiers, en Ariège. Mes premières armes, je ne les ai pas faites sur un tatami de Yoseikan Budo ou de jiu-jitsu brésilien, mais en tant que plâtrier. Croyez-moi, lisser du plâtre à la truelle par un mois de janvier glacial forge un caractère et des avant-bras bien plus efficacement que nombre de salles de sport branchées.

 

Après dix-huit mois de service militaire — cette charmante époque où l'on vous apprend à repasser vos caleçons au cordeau tout en courant dans les ronces —, j'ai compris que le monde civil ronronnait un peu trop à mon goût. En mars 1988, j'ai donc franchi les portes de l'administration pénitentiaire. Autant vous dire qu'en juin de la même année, quand je me suis retrouvé planté au milieu des taules ô combien animées de Saint-Paul et Saint-Joseph à Lyon, le choc thermique a été violent.

 

À cette époque, la gestion de crise ressemblait souvent à une discussion de comptoir un soir de cuite chez les supporters de football : beaucoup de bruit, des grands gestes, et une efficacité proche du néant. En tant que futur mentaliste et observateur compulsif, je me suis assis dans un coin et j'ai regardé. J'ai analysé. J'ai compris que la violence n'est jamais gratuite ; elle obéit à une mécanique de précision, à des signaux faibles que personne ne prend le temps de lire. C'est là que tout a commencé.


Chapitre 2 : La naissance de l'ordre et le grand grand saut

Les années passent, les surveillants prennent des coups, les situations se tendent dans les établissements pénitentiaires français. Il faut structurer, professionnaliser, créer une élite capable de mater les mutineries les plus sanglantes et de rétablir l'ordre là où le chaos s'installe. C'est la genèse des ÉRIS en septembre 2003. J'en fais partie dès la première heure.

 

Je me souviens de notre passage au GIGN à Mondésir en novembre 2003. Un stage commando où la sueur se mélangeait aux larmes et à la testostérone. Là-bas, j'ai compris une chose essentielle : face au danger mortel, la technique pure ne représente que dix pour cent de l'équation. Les quatre-vingt-dix pour cent restants se résument à la gestion du stress, au sang-froid et à cette capacité hallucinante à décoder les micro-mouvements d'un adversaire pour anticiper son attaque un millième de seconde avant qu'il ne la déclenche.

 

Des inondations apocalyptiques de la prison d'Arles en septembre 2004 — où nous naviguions entre des eaux boueuses et des détenus à évacuer dans des conditions dantesques — jusqu'aux interventions les plus musclées, j'ai vécu vingt ans au cœur de la bête. J'ai vu la peur changer de camp, j'ai vu des hommes s'effondrer psychologiquement sous la pression, et j'ai affûté ma vision de la self-défense.

 

Pourquoi est-ce que je vous raconte tout cela dans mon livre ? Parce que l'ordre ne tombe pas du ciel. Il se construit brique par brique, dans la sueur, l'erreur, la surenchère et la maîtrise de soi.


Chapitre 3 : Pourquoi ce livre va sauver votre vision de la sécurité (et votre week-end)

Aujourd'hui, retiré de ces fonctions officielles depuis novembre 2022 mais toujours aussi actif sur les tatamis avec mon complice Bernardo et ma fille Zoé, je vois trop de gens s'imaginer que la sécurité s'apprend en regardant des vidéos TikTok de trois secondes.

 

Dans ERIS la genèse de l’ordre, je ne vous vends pas du rêve hollywoodien. Je vous offre la vérité brute de mon parcours. Je décortique la psychologie de l'agresseur, la réalité des cellules de crise, et la manière dont un gamin de province est devenu un expert en gestion de la violence. C'est un guide pour tous ceux qui veulent comprendre comment fonctionne le cerveau humain quand la merde touche le ventilateur.

 

Si vous cherchez une lecture soporifique pleine de jargon administratif, passez votre chemin. Si vous voulez comprendre l'art de la survie, le décodage comportemental et l'histoire secrète des unités d'élite de l'administration pénitentiaire de l'intérieur, mon livre est fait pour vous.

 

Commandez-le, lisez-le, et la prochaine fois qu'un type un peu trop agité croisera votre chemin dans la rue, vous saurez exactement quoi observer avant même qu'il n'ouvre la bouche.

 

ERIS la genèse de l’ordre – Itinéraire d’un gamin de l’Ariège aux unités d’élite est disponible dès maintenant. Allez, bon vent, et gardez l'œil ouvert !

 

Francis.

 
 
 

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